Raphaël Durans

On pourrait dire que l’ensemble des toiles peintes par Raphaël Durans constitue une sorte de théorie sans mots. Bien difficile donc de tenter son exact opposé, l’énonciation théorique de sa pratique.

Une théorie sans mots, en effet, et qui ne manque pas de faire référence à la pensée, à l’idée qui fut à l’origine de l’oeuvre, et c’est bien pourquoi Raphaël Durans n’envisage jamais de montrer ses toiles sans leurs « maquettes » ces travaux préparatoires qui sont la signature de l’oeuvre à venir.
Une théorie silencieuse, non invasive, qui insiste certes sur l’affirmation d’un concept, de sa propre conceptualité, mais qui laisse une place à l’effet produit sur celui qui regarde, ce plaisir par exemple à envisager des volumes là où manifestement il n’y a que surface plane, à faire entendre une forme de musique du silence.
Planéité et châssis complexe, voilà les outils du peintre. Les jeux chromatiques, qu’ils soient dans la neutralité d’un ensemble exclusif de gris ou qu’ils utilisent des pans de couleur pure ne semblent être là qu’au service de la planéité ou de son illusion, portés par la matérialité d’une toile tenue en tension sur des cadres aux
formes contraintes.

Nous pouvons dire par là que les déterminations harmoniques de forme ou de couleur, si indispensables en peinture, complètent, et seulement cela, les déterminations compositionnelles ou conceptuelles.

Travail achromatique donc, jeu libéré de la couleur, Achromatic game.